Ce 14 juin marque, en Haïti, la journée nationale de l’enfant. Elle est célébrée chaque deuxième dimanche du mois de juin. A cette occasion, les institutions étatiques, ONG et les acteurs de la société civile engagés dans la défense des droits de l’enfant, dressent des bilans et organisent diverses activités de sensibilisation. Mais au-delà des discours et des initiatives de circonstance, une réalité saute aux yeux : la situation des enfants en Haïti demeure profondément préoccupante.

En cette journée, le constat est alarmant : la situation sécuritaire continue d’avoir des conséquences graves sur la vie des enfants. Plusieurs milliers d’enfants sont contraints de quitter leur foyer à cause de la violence. Dans la capitale, où les groupes armés contrôlent une grande partie du territoire, l’enfant n’est plus un spectateur. Il est exposé, déplacé, parfois enrôlé. Cela étant, l’insécurité qui gangrène le pays affecte profondément les enfants, les privant ainsi de leurs droits fondamentaux.
Entre violences armées, déplacements forcés et effondrement des services sociaux, l’enfance haïtienne est à bout de souffle. De plus en plus, les enfants sont exposés à toutes formes de violences, d’exploitation, d’abus et de recrutement forcé entre autres. A ce sujet, certains sont même associés aux activités de groupes armés, allant de la surveillance, au transport d’armes ou de messages, jusqu’à des implications plus actives. Dans ce contexte, deux phénomènes majeurs, entre autres, illustrent l’impact direct de l’insécurité : le recrutement forcé, la déscolarisation.
Le recrutement forcé : une violation grave des droits de l’enfant
Le recrutement d’enfants par les groupes armés connaît une hausse inquiétante. Ce recrutement s’est intensifié de manière continue, qualifié par plusieurs observateurs de situation « sans précédent ». Plus alarmant encore, ces enfants représenteraient jusqu’à la moitié des membres de certains groupes armés. Les recrues sont utilisées comme combattants, informateurs ou encore comme domestiques, souvent sous la contrainte. Ce phénomène, selon la président de l’OCCEDH, est d’une gravité extrême, car ces enfants devraient être à l’école, bénéficier de formations socioprofessionnelles et être préparés à devenir des acteurs utiles à la société.
« Nous ne sommes pas indifférents, nous agissons » a déclaré la présidente avant d’ajouter que « l’OCCEDH travaille avec les communautés les plus difficiles d’accès afin d’offrir à ces enfants une autre alternative».
« l’OCCEDH travaille avec les communautés
les plus difficiles d’accès afin d’offrir
à ces enfants une autre alternative ».
« l’OCCEDH travaille avec les communautés les plus difficiles d’accès afin d’offrir à ces enfants une autre alternative».
L’école abandonnée, une enfance en danger
Quand les armes parlent, l’école se tait. Des écoles fermées, d’autres occupées, des trajets devenus trop dangereux. Aller à l’école, dans certains quartiers, relève désormais du risque, de haut risque, parfois de l’inconscience. L’éducation est en effet l’un des secteurs les plus touchés par la crise sécuritaire. Plusieurs écoles ont été contraintes de suspendre leurs activités en raison des violences armées, poussant des milliers d’enfants à abandonner l’école en Haïti. Cela étant dit, les déplacements forcés, la peur des enlèvements et l’occupation d’écoles par des groupes armés empêchent les enfants d’aller en salle de classe. De cette déscolarisation massive résulte une certaine vulnérabilité eu égard à l’augmentation des risques de travail forcé, de recrutement par les gangs et d’exploitation. Et l’enfant, qu’on se le dise, hors de l’école devient une cible.


Face à cette situation, l’OCCEDH travaille avec certaines écoles de ces quartiers à travers sa section éducation. Toujours est-il dans cette perspective d’offrir une autre alternative, l’OCCEDH a inauguré, avec le soutien de ses partenaires, un centre d’apprentissage temporaire afin d’accompagner les enfants vulnérables, notamment ceux vivant dans les rues et/ou des sites de déplacés. Ainsi, l’Organisation des Cœurs pour le Changement des Enfants Démunis d’Haïti offre, à travers ce centre, des formations socio-professionnelles aux jeunes et enfants tout en leur protégeant contre l’exploitation, le recrutement force forcé etc.
Si tant est que cette Journée nationale de l’enfant s’avère une journée de réflexion sur la condition de l’enfance en Haïti, elle permet tout aussi, par la discussion, de comprendre les dynamiques d’enrôlement des enfants, le cas échéant, d’analyser les réponses existantes et d’identifier des approches plus efficaces et coordonnées. En ce sens, l’OCCEDH appelle à une mobilisation renforcée des acteurs concernés, précisément de l’État haïtien, afin de mettre en place des solutions durables en faveur de la protection et des droits de l’enfance.



